Média, Média, je ne vous comprendrai jamais
Deux jours après la diffusion de l’édition du 11 novembre, de l’émission Tout le monde en parle, les médias ne semblent pas intéressés à parler de la fameuse dictée de deux lignes que la ministre Courschene a pris le soin de justement, dicter. Avant de commencer, on peut rendre hommage à la ministre pour son sens de l’anticipation. Elle aurait été dans de bien mauvais draps si elle s’était laissé prendre par Guy-A. Lepage qui avait lui aussi préparé sa propre dictée. Mais ne lui faisons pas de procès d’intention. On ne saura jamais de toute façon, combien de fautes elle aurait faites si elle avait dû subir sa propre dictée. Là, n’est pas mon propos.
Mon propos et mon indignation concernent les résultats obtenus par les invités d’une part, et le silence médiatique sur ce sujet, d’autre part.
La qualité du français parlé et écrit défraye la chronique régulièrement au Québec. Cela pourrait faire l’objet d’un billet à part, dans lequel il faudra chercher à comprendre un phénomène qui a priori me dépasse un peu. Pourquoi est-ce si compliqué d’enseigner un français correct dans nos écoles et pourquoi permet-on à de futurs enseignants d’obtenir leur diplôme alors qu’ils n’ont qu’une maîtrise approximative de leur principal outil de travail? Comment ont-ils pu se rendre à l’université, en premier lieu?
Bon, là je tarde à en venir aux faits, et si je le fais, c’est que j’en ai gros sur le coeur d’autant plus que je suis maintenant directement concerné. Celles et ceux qui suivent ces chroniques savent que je suis le papa d’une petite fille qui devra apprendre à maîtriser sa langue maternelle sous l’égide de ces mêmes enseignants, et cela me fait peur. Je pourrais ici digresser sur le rôle des parents dans l’apprentissage de leurs enfants, mais je ne le ferai pas puisque cela non-plus n’est pas le sujet de ce billet.
Venons-en aux faits, maintenant. Ces médiocres résultats à cette fichue dictée de deux petites lignes, comment se fait-il que Personne n’en parle? Un conteur (2 fautes), un chanteur (3 fautes), un essayiste (5 fautes, un essayiste et un intellectuel de premier plan, bon sens!) et je vais arrêter là, puisque je ne me rappelle plus tous les résultats et je ne trouve plus l’information (que j’ai consultée pas plus tard qu’il y a une demi-heure) sur le site de l’émission. Quelqu’un visiblement, a décidé de retirer les corrigés du site!
Il me semble que les médias devraient se délecter d’un tel événement. À moins que le sujet ne soit pas assez accrocheur. Il est sûrement moins accrocheur que les conneries du docteur Mailloux qui ont fait la une pendant des jours, pour ne pas dire des semaines, suite à son passage à cette même émission. C’est aussi moins accrocheur que les inepties du maire de Saguenay dont on parle encore depuis son passage à la commission Bouchard-Taylor. C’est moins accrocheur que l’histoire de l’imam Jaziri, un nobody enfanté par les médias. C’est moins accrocheur que la grange qui a brûlé à Beauport, que le chien écrasé sur la 20, que le policier pris en flagrant délit au Dunkin’ Donuts…
Je sais qu’il est facile d’accuser les médias de tous les torts. On les pointe des doigts un peu trop souvent en leur prêtant des missions qu’ils n’ont pas. Mais, il me semble que dans ce cas, devant un problème qui touche le coeur de la problématique identitaire québécoise, on a collectivement manqué une belle occasion d’approfondir une réflexion qu’on a tous intérêt à faire.
À moins que collectivement et sans concertation, on ait choisi de ne pas faire sortir ce sequelette de son placard…





